Copropriété & documents

Loi Carrez : comment calculer la surface lors d’une vente ?

La superficie dite « loi Carrez » doit figurer dans les actes de vente de nombreux lots de copropriété. Elle ne correspond pas automatiquement à la surface habitable, à la surface annoncée lors de l’achat précédent ni au total relevé sur un plan. Le calcul dépend du caractère privatif, clos et couvert des locaux, de leur hauteur et de plusieurs déductions réglementaires. Pour le vendeur, quelques mètres carrés mal comptés peuvent entraîner une demande de diminution du prix. Voici comment déterminer le bon périmètre, faire mesurer le bien et sécuriser l’information avant le compromis.

Mis à jour le 13 septembre 20269 min de lecturePar My Free Agency

1. Quels biens sont concernés par la loi Carrez ?

L’article 46 de la loi du 10 juillet 1965 impose de mentionner la superficie de la partie privative lors de la vente d’un lot ou d’une fraction de lot soumis au statut de la copropriété. L’obligation ne se limite pas aux appartements d’habitation : elle peut aussi concerner un local professionnel, commercial ou une maison comprise dans une copropriété horizontale.

Une maison individuelle qui ne relève d’aucune copropriété n’entre pas dans ce dispositif. Cela n’autorise pas pour autant une surface fantaisiste dans l’annonce ou dans l’acte. Le vendeur doit communiquer des informations exactes et le notaire peut demander d’autres documents selon la nature de l’immeuble.

Commencez par lire le titre de propriété, le règlement de copropriété et l’état descriptif de division. Identifiez chaque lot vendu, sa destination et les transformations intervenues. Une pièce utilisée avec l’appartement n’est pas nécessairement juridiquement rattachée au même lot, et une annexe décrite dans le titre ne doit pas être assimilée automatiquement à une pièce habitable.

2. Quels lots sont exclus du mesurage obligatoire ?

L’article 46 exclut les caves, garages et emplacements de stationnement. Le décret exclut également les lots ou fractions de lots dont la superficie est inférieure à 8 m². Il faut néanmoins regarder la configuration réelle et les titres : la jurisprudence a déjà examiné des logements formés par la réunion matérielle de plusieurs lots, dont certains étaient inférieurs à ce seuil.

Ne retirez donc pas mécaniquement une pièce parce que son numéro de lot affiche moins de 8 m². À l’inverse, n’ajoutez pas un garage, une cave ou une place de stationnement au total Carrez pour améliorer l’annonce. Ces annexes peuvent être décrites et valorisées séparément avec leur propre superficie, clairement identifiée comme non comprise dans le mesurage Carrez.

Un grenier, un débarras, une chambre de service, une réserve ou une loggia fermée demande une analyse plus précise : caractère privatif, qualification dans le règlement, état matériel au jour de la vente, clôture, couverture et hauteur. Transmettez les plans et les titres au mesureur plutôt que de décider à partir du nom courant de la pièce.

3. Comment calcule-t-on la superficie privative ?

L’article 4-1 du décret du 17 mars 1967 définit la superficie Carrez comme la surface des planchers des locaux clos et couverts. Le calcul intervient après déduction des surfaces occupées par les murs, les cloisons, les marches et cages d’escalier, les gaines ainsi que les embrasures de portes et de fenêtres.

Les parties dont la hauteur est inférieure à 1,80 mètre ne sont pas retenues. Cette règle est particulièrement importante pour les combles, mansardes, mezzanines et pièces sous pente. Il ne suffit pas de mesurer un rectangle au sol : il faut repérer la limite de hauteur, les obstacles et les éléments à déduire.

Les balcons et terrasses ouverts ne sont pas des locaux clos et ne rejoignent pas le total. Pour une véranda, une loggia fermée ou un espace transformé, vérifiez aussi le caractère privatif, les autorisations de copropriété et d’urbanisme et la conformité avec le titre. Une surface physiquement mesurable peut révéler une transformation non régularisée qu’il faut signaler au notaire.

4. Surface Carrez et surface habitable : quelle différence ?

La superficie privative Carrez répond au droit de la vente en copropriété. La surface habitable, parfois appelée mesure « Boutin » dans le contexte locatif, suit une autre définition du Code de la construction et de l’habitation. Les deux calculs peuvent partir des planchers et appliquer certaines déductions communes, mais leur champ et leurs exclusions ne sont pas identiques.

Des espaces privatifs clos et couverts peuvent entrer dans la superficie Carrez sans constituer de la surface habitable. Les annexes, volumes non aménagés et caractéristiques techniques doivent être étudiés selon la définition utilisée. N’utilisez donc pas la surface du bail, la surface fiscale, celle du DPE ou la surface utile comme substitut au mesurage exigé pour la vente.

Dans l’annonce, nommez chaque valeur. Écrivez par exemple « superficie privative Carrez » pour le total réglementaire et décrivez séparément la terrasse, la cave ou les autres annexes. Cette présentation permet à l’acheteur de comprendre le bien sans addition implicite.

5. Le vendeur peut-il mesurer lui-même ?

La réglementation n’impose pas que le mesurage soit réalisé par un diagnostiqueur certifié. Le vendeur peut calculer lui-même la superficie. Il supporte toutefois les conséquences d’une mention absente ou trop élevée, et la difficulté ne vient pas seulement de l’utilisation d’un télémètre : il faut définir le bon périmètre juridique et appliquer les déductions.

Faire intervenir un professionnel assuré est particulièrement prudent pour un logement mansardé, des lots réunis, une mezzanine, une véranda, des cloisons courbes ou des transformations anciennes. Demandez au prestataire son assurance, le détail des lots contrôlés, le plan ou tableau de surfaces et la méthode utilisée. Un certificat sans correspondance claire avec le titre sera difficile à relire.

Donnez accès à toutes les pièces et fournissez le règlement de copropriété, l’état descriptif de division, les plans, l’ancien certificat et les autorisations de travaux. Signalez les ouvertures, réunions de lots, créations de mezzanine ou changements d’usage. Le mesureur doit connaître l’état réel du bien et sa désignation juridique.

6. Quelle est la durée de validité d’un certificat Carrez ?

Aucune durée de validité fixe comparable aux six mois de certains diagnostics n’est prévue pour le mesurage Carrez. Un ancien certificat peut rester utilisable si le bien, son périmètre et sa configuration n’ont pas changé. Avant de le reprendre, vérifiez cependant qu’il correspond exactement à tous les lots vendus aujourd’hui.

Faites remesurer après des travaux susceptibles d’affecter la superficie : déplacement ou création de cloisons, isolation intérieure, réunion ou division de lots, fermeture d’un espace, création d’un escalier ou modification d’une mezzanine. Même une intervention qui améliore le logement peut réduire légèrement la surface mesurée.

Comparez le certificat avec le plan actuel et les autorisations. Si le document est ancien, incomplet ou établi avant une transformation, ne conservez pas sa valeur par commodité. Une nouvelle mesure facilite aussi la cohérence entre l’annonce, le compromis et l’acte authentique.

7. Où la superficie doit-elle apparaître ?

La superficie de la partie privative doit être mentionnée dans la promesse unilatérale de vente ou d’achat et dans tout contrat réalisant ou constatant la vente du lot concerné. En pratique, remettez le certificat et les titres au notaire avant la rédaction du compromis afin qu’il puisse contrôler la désignation des lots et reprendre la bonne valeur.

L’annonce doit rester cohérente avec cette information. Ne cumulez pas la superficie Carrez avec une terrasse ou une cave sous une seule mention « surface ». Si vous disposez de plusieurs mesures, expliquez leur nature et n’arrondissez pas le chiffre réglementaire vers le haut.

Le jour de l’acte authentique, le notaire remet aux parties une copie de l’acte ou un certificat reproduisant la clause de superficie, accompagné des dispositions légales lorsqu’elles ne figurent pas déjà dans le document. Cette étape ne corrige pas une annonce trompeuse ni un mesurage inadapté.

8. Que risque le vendeur si la surface est fausse ?

Si la superficie réelle est inférieure de plus d’un vingtième, soit plus de 5 %, à celle exprimée dans l’acte, l’acquéreur peut demander une diminution du prix proportionnelle à la moindre mesure. L’action doit être engagée dans le délai d’un an à compter de l’acte authentique. L’acquéreur doit établir la superficie réelle et la différence invoquée.

Si la superficie réelle est supérieure à celle indiquée, l’excédent ne donne pas droit au vendeur à un supplément de prix. Gonfler le chiffre crée donc un risque sans avantage juridique symétrique. Une marge ajoutée « pour arrondir » peut aussi produire une incohérence entre le certificat, l’annonce et le contrat.

L’absence totale de mention ouvre une action en nullité dans les conditions et le délai prévus par l’article 46. La signature d’un acte authentique qui mentionne la superficie fait perdre le droit d’agir contre l’avant-contrat antérieur pour sa seule omission. Le notaire doit traiter toute anomalie avant la signature, pas après.

9. La checklist Carrez avant la mise en vente

Réunissez d’abord le titre, le règlement de copropriété, l’état descriptif de division et les autorisations de travaux. Faites correspondre les numéros de lots avec les pièces et annexes réellement vendues. Choisissez ensuite un professionnel si la configuration présente la moindre ambiguïté et relisez son certificat avant de publier l’annonce.

Reportez la valeur exacte dans les documents destinés au notaire, distinguez les annexes et conservez le rapport complet. My Free Agency peut organiser les pièces et les échéances ; le mesureur établit le calcul technique et le notaire vérifie son insertion dans les actes.

  • Titre et numéros de lots vérifiés
  • Caves, garages et stationnements séparés
  • Hauteurs inférieures à 1,80 mètre déduites
  • Travaux et réunions de lots signalés
  • Certificat relié au plan et à l’état actuel
  • Superficie reprise sans arrondi dans l’annonce
  • Annexes décrites séparément
  • Dossier transmis au notaire avant le compromis
À retenir

Ce guide fournit des informations générales. Pour une situation juridique, fiscale ou patrimoniale particulière, consultez le professionnel compétent.

Sources utiles

Ces ressources officielles ou spécialisées permettent de vérifier les règles qui s’appliquent à votre situation.

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